Stéphane, Wallace, Je pense qu’on se comprend plus qu’il n’y paraît, mais qu’on parle avec des angles de vue différents. « adopter une attitude proactive pour sauvegarder ses données est une perte de temps » Ce n’est pas ce que je dis, ni ce que je pense. La sauvegarde est critique, et je partage pleinement le constat que c’est trop souvent le parent pauvre, jusqu’au jour où il est trop tard. Ce que j’essaie de décrire, c’est une réalité organisationnelle observée chez nos clients, pas un jugement de valeur : • ils savent que c’est important, • ils savent qu’il faudrait mieux faire, • mais ils doivent arbitrer en permanence entre sécurité, exploitation, conformité, projets métier, pénurie de ressources, contraintes politiques ou économiques. Dans ce contexte, faire de la sueur en continu (comme vous le faites, et c’est respectable) n’est pas toujours possible, même si ce serait souhaitable. « Quand la boîte aura perdu toutes ses données, elle sera bien avancée d’avoir un interlocuteur juridique » On est d’accord sur un point fondamental : aucun contrat ne remplacera jamais des données perdues. Mais l’interlocuteur identifié n’est pas là après la catastrophe, il est là avant, pour : • définir une architecture cible, • porter une responsabilité d’ensemble, • fournir un cadre clair (technique, contractuel, opérationnel), • et éviter que la sauvegarde repose uniquement sur des personnes clés… qui peuvent partir, être absentes ou débordées. Ce n’est pas une garantie absolue — rien ne l’est — mais c’est une manière de réduire le risque organisationnel, pas seulement le risque technique. « Le public se fiche de chercher une solution… » Là-dessus, je serais plus nuancé. Oui, il existe des dérives budgétaires, et oui, certains arbitrages sont déconnectés du terrain. Mais sur le terrain, on rencontre aussi : • des DSI territoriales sous-dotées, • des équipes très conscientes des enjeux, • et une pression croissante sur la continuité de service, la souveraineté et la responsabilité personnelle. Ce n’est pas homogène, et c’est précisément pour ça qu’il n’existe pas une seule bonne réponse universelle. « Les PME/ETI trouvent l’open source trop cher » Souvent, elles trouvent surtout le coût total de possession humain trop élevé : • intégration, • maintenance, • veille sécurité, • documentation, • transmission interne. Encore une fois, ce n’est pas un rejet idéologique de l’open source, c’est un arbitrage pragmatique. Je ne prétends pas que notre approche est la meilleure (c'est celle en tous cas avec laquelle nous sommes, nous, le plus à l'aise). Je dis simplement qu’elle s’adresse à des organisations qui : • reconnaissent leurs limites internes, • ne veulent pas dépendre d’un bricolage héroïque, (surtout si le héro peut partir/mourir/avoir des vacances...) • et acceptent de déléguer une partie de la complexité à un acteur spécialisé. Vos architectures démontrent qu’une autre voie existe, et fonctionne. DATIS existe parce que tout le monde ne peut pas (ou ne veut pas) opérer à ce niveau d’implication. Les deux constats peuvent coexister sans s’annuler. Et au fond, on retombe sur le même point d’accord implicite : la sauvegarde est critique… justement parce qu’elle est trop souvent traitée comme un détail.